Pour beaucoup d’entreprises, 2025 fut l’année de l’intelligence artificielle. Tout le monde s’y est mis ! Après tout, il n’a jamais été aussi facile de générer du contenu avec l’aide de ChatGPT. Un bon prompt, et hop ! Ton article est rédigé, et tu peux même demander une jolie illustration pour aller avec. Sauf qu’à force, Internet s’est rempli de textes et d’images de piètre qualité.
On appelle ça le contenu slop, le slop IA ou le « contenu dégénéré » (nos amis québécois, toujours ingénieux pour traduire les expressions). Et ça, les utilisateurs commencent à en avoir marre. En ce début 2026, la tendance est carrément à l’anti-IA ! Et j’en suis très heureuse 😇 Dans cet article, je t’explique ce qu’est le slop, et pourquoi il peut nuire à ton image de marque.
Mais c’est quoi, le slop IA ?
« Slop », c’est un mot anglais qui veut dire « bouillie ». Imagine un amas un peu dégoûtant de fange, de la vase couleur « caca d’oie », ou juste ce plat sans texture et sans saveur qu’on te servait à la cantine. Ça fait envie, pas vrai ?

Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de se balader sur Internet sans tomber sur du contenu slop généré par ChatGPT, Grok ou Gemini. Sur Facebook, on voit des images absurdes d’enfants qui posent à côté de sculptures de cheval en carottes. Sur Instagram, ce sont les vidéos choquantes ou amusantes qui passent dans nos Reels. Sur Spotify, on peut écouter des chansons créées entièrement avec Suno. Sur LinkedIn, on trouve des entrepreneurs qui illustrent leurs publications avec des visuels faits par IA.
💡 Le célèbre dictionnaire américain Merriam-Webster a choisi « slop » comme mot de l’année 2025.
Et au niveau des textes, c’est pareil ! De plus en plus de sites Web et d’articles de blog sont générés à l’aide d’un LLM (Large Language Models, l’autre petit nom des IA conversationnelles). Et ne parlons pas des posts LinkedIn… En fait, on finit par avoir l’impression que c’est la même personne qui rédige l’intégralité des contenus écrits sur Internet. Ils sont d’ailleurs assez faciles à identifier une fois qu’on commence à reconnaître les tics de langage de ChatGPT.
En plus d’être de mauvaise qualité, ces textes posent aussi des questions éthiques. On ne compte plus les articles, les PDF ou les livres auto-édités qui contiennent des informations fausses ou absurdes, voire carrément dangereuses pour le lecteur. Si elles font très bien illusion, les IA génératives sont loin d’être infaillibles et nombreux sont ceux qui se contentent de copier-coller ce qu’elles proposent sans vérifier quoi que ce soit.
Pour ne citer qu’un exemple, on se souvient des « AI overviews » de Google qui recommandaient aux internautes de manger un caillou par jour… en s’appuyant sur un article du journal parodique The Onion 🙄
her pic.twitter.com/FGbvO923gk
— follow @bencollins on bluesky (@oneunderscore__) May 23, 2024
Le SEO est-il responsable du slop ?
On entend régulièrement parler de la « théorie de l’Internet mort ». Si elle pouvait sembler un peu extrême (voire complotiste) il y a quelques années, elle devient pourtant de plus en plus plausible.
Si tu ne connais pas cette théorie, elle dit que le Web ne sera bientôt peuplé que par des robots et des intelligences artificielles qui communiquent entre elles. Tu as peut-être déjà vu des commentaires sur des vidéos YouTube ou sous des tweets qui sont visiblement écrits par des bots. Maintenant, imagine si ces bots ne réagissaient plus qu’à du contenu produit par des IA. On semble s’en rapprocher.

Pour ajouter une louche de bouillie sur le tas de slop, les modèles comme ChatGPT commencent à régurgiter des textes entraînés sur leurs propres « créations », puisque les contenus humains se font plus rares. Certains observateurs comparent même ce phénomène à la maladie de la vache folle !
Pourquoi est-ce qu’on voit autant de slop sur Internet ? Pourquoi cet espace de liberté et de créativité est-il en train de devenir un amalgame de contenu médiocre ?
Il ne faut pas chercher la réponse très loin : l’objectif est de générer des clics et de l’engagement, et donc, de l’argent. Ce n’est pas nouveau, puisque c’est déjà ce qu’on reproche au SEO depuis longtemps.
💡 Le SEO, ou référencement naturel, c’est l’art de faire apparaître un contenu en premier dans les résultats de recherche quand on tape un mot-clé sur Google. Pour une entreprise qui veut attirer des clients ou un site qui monétise des espaces publicitaires, c’est un moyen très efficace (et lucratif 🤑) d’avoir de la visibilité. C’est aussi mon métier, et ça m’attriste qu’il ait une si mauvaise image à cause des dérives.
Même avant l’arrivée des IA, de nombreux contenus n’étaient publiés que dans cet unique objectif d’attirer du clic. Ces textes étaient déjà de mauvaise qualité, et souvent très frustrants à lire. On a tous déjà fait l’expérience de scroller 10 minutes sur une recette de cuisine pour passer les paragraphes SEO dont tout le monde se fiche et enfin atteindre la liste des ingrédients. La démocratisation des LLMs ne fait que faciliter leur production de masse.
À l’inverse, les sites qui font (et continueront à faire) du « bon SEO », ce sont ceux qui publient des articles utiles, par des humains et pour des humains, en appliquant quelques bonnes pratiques pour être trouvés.
2026 : vers la fin du slop ?
Je suis peut-être optimiste, mais je pense que les marques soucieuses de leur image vont rapidement revenir à du contenu humain. Après tout, l’authenticité est une stratégie marketing qui n’a plus besoin de prouver son efficacité. Et comment produire du contenu authentique si c’est un robot qui donne l’idée, la structure, les phrases, et les images ?
En plus, pour une partie du grand public, la tendance est au rejet de l’IA. C’est l’overdose !
En décembre 2025, le monde entier parlait de la pub de Noël d’Intermarché, non seulement parce que son message était touchant, mais aussi parce qu’elle avait été réalisée par un studio d’animation, sans l’ombre d’une IA générative à l’horizon.

En parallèle, la pub made in ChatGPT de Coca-Cola a été un énorme flop, et a récolté une vague de commentaires négatifs 👇🏻

Autre exemple récent dans la pop culture : le jeu vidéo Clair Obscur : Expedition 33, le GOTY ambiance « oui oui baguette » de 2025, a été disqualifié des Indie Game Awards pour son utilisation de l’IA générative lors de la conception du jeu (alors qu’aucun de ces éléments n’est présent dans le produit final). Ici, on ne parle même pas de slop, mais le simple fait que l’outil ait servi à un moment ou l’autre a suffit à énerver le jury.
Sur Internet, certains navigateurs et applications ont ajouté des options pour bloquer les suggestions de contenu généré par une intelligence artificielle. Clairement, les internautes ne veulent pas voir de slop.
💡 Une étude d’octobre 2025 montre qu’une publicité perd considérablement en efficacité (jusqu’à 31,5 %) quand on révèle au public qu’elle a été réalisée avec l’intelligence artificielle (source : Lee, Hyesoo, et al.).
Pour parler crûment, dans mon entourage, nous sommes une majorité à penser qu’une entreprise qui utilise l’IA pour sa communication visuelle ou écrite se décrédibilise totalement. Certes, j’évoque là une observation purement personnelle, mais les premières études sur le sujet semblent affirmer la même chose.
Est-ce que ça veut dire qu’on sera enfin débarrassés du slop en 2026 ? Assurément, non. Mais je pense que le fait de dire ouvertement « nous n’utilisons pas l’IA pour produire notre contenu » va devenir un argument différenciant pour les entreprises. Ce sera un gage de qualité et de soin aux détails. Rien de vraiment nouveau sous le soleil, mais ça fait du bien de le rappeler : pour marquer les esprits, ton contenu doit être utile et intéressant, humain, avec de la personnalité !
